LA VIE SEXUELLE DE JEAN MOULIN Premier épisode

LA VIE SEXUELLE DE JEAN MOULIN
( Idiot International du 2 octobre 1991)

Premier épisode : Les Héros savent aussi pleurer

Elle s’appelle Marguerite CERRUTI. Son père, trésorier-payeur-général, est mort pendant la Grande Guerre. Sa mère appartient à la bourgeoisie savoyarde. Au cours du bal donné à la préfecture de Chambéry, elle rencontre le jeune sous-préfet Jean MOULIN. En cette année 1926, il a vingt sept ans, elle en a dix-neuf. Le 27 septembre de la même année, ils s’épousent.
En 1976, les éditions SECLE-Régine Desforges publient : « J’étais la femme de Jean MOULIN », écrit par Marguerite STORCK-CERRUTY, avec la collaboration de Jean SEVEYRAT. Marguerite raconte comment le jour de son mariage, Jean MOULIN a pleuré :
« …Au moment de prendre congé de nos parents respectifs, cette émotion arrive à son comble. Maman a trouvé des mots simples mais aimables. Laure ( la sœur de Jean) s’est contentée d’une formule banale, sa mère nous a serrés dans ses bras. C’est son père qui s’avance à présent : « je suis heureux pour vous, mes enfants. Sachez l’être toute votre vie autant que vous m’avez paru l’être aujourd’hui ». Mais pourquoi Laure prend-elle cette mine effarée ? Qu’elle n’approuve pas les paroles de son père n’est pas pour me surprendre. Elle a toujours été du nombre des personnes opposées à notre mariage. Elle qui n’a eu ni mari ni enfant, a reporté depuis longtemps ses sentiments maternels sur son jeune frère dont elle a d’abord voulu parachever l’éducation, puis qu’elle a ensuite prétendu guider sur la voie du bonheur. N’était-elle pas sa confidente quand il rêvait d’épouser Jeannette ?
Avec moi, les choses se sont passées différemment. En raison de l’éloignement imposé par la nomination de Jean à Chambéry. Laure n’a été mise qu’au dernier moment au courant de nos amours. Elle n’a pas pardonné à son frère son silence de deux années. Aussi l’étrangère que j’étais pour elle a-t-elle eu droit à son hostilité. Ma jeunesse, bien que réelle ( mais surtout par rapport à son âge) n’a été qu’un prétexte pour elle.
Mais pourquoi cette mine effarée ? Je me retourne vers mon mari de fraîche date, et comprends : sur sa joue gauche, une larme, une seule, glisse doucement.
Que m’importe les conclusions que ne va pas manquer d’en tirer Laure. Personnellement, je demeure muette, bouleversée : Jean pleure de bonheur ! Cela se dira dans le village. De cette larme, combien de fois entendrons-nous reparler avec sympathie et attendrissement !… »

Marguerite CERRUTI n’est restée la femme de Jean MOULIN que jusqu’au jugement de divorce prononcé le 19 juin 1928 par le Tribunal de Chambéry :
« Attendu que MOULIN a fait assigner sa femme en divorce—en exposant qu’en mars 1928 il avait fait avec elle un voyage à Paris pour dissiper un malaise persistant qu’il sentait dans son mariage, que la femme avait prétexté un futile motif de toilette pour rester quarante huit heures de plus à Paris, laissant le mari rentrer à Albertville où l’appelaient ses fonctions et que depuis, loin de revenir, elle avait disparu sans laisser d’adresse.
Attendu que la Dame CERRUTI fait défaut faute de comparaître, ni personne pour elle, mais qu’il résulte du dossier qu’elle a connaissance de l’action dirigée contre elle et qu’elle ne veut pas constituer avoué, ne voulant par suite pas faire connaître la raison pour laquelle elle n’a pas rejoint le domicile conjugal.
Attendu qu’étant donné ces circonstances, ce refus de rejoindre doit être considéré comme une injure grave pour le mari qui justifie le divorce aux torts et griefs de la femme… »

Dans son livre publié en 1976, Marguerite CERRUTI ne fait nullement état de ce voyage à Paris. Elle raconte simplement comment au retour d’un voyage à Val d’Isère, un pneu de l’Amilcar rouge grand sport que conduisait Jean MOULIN a éclaté, précipitant les passagers dans un précipice et qu’au cours de sa convalescence, parce qu’elle restait blessée au pied et dépendait d’autrui pour remonter dans les étages, elle est restée un soir trop longtemps à l’air humide, qu’elle en a attrapé une pneumonie, puis :
« …sans crier gare, la fièvre s’est de nouveau emparée de moi, une fièvre qui me fait claquer des dents malgré les lainages les plus épais. Moi qui , depuis mon enfance, ai toujours eu les poumons délicats, ne suis-je pas cette fois gravement malade ? L’affolement me gagne : Jean étant loin d’Albertville pour la journée, auprès de qui trouver le réconfort dont j’ai tant besoin ?
J’agis comme une automate : la gare, l’interminable voyage, l’arrivée à Chambéry…Je débarque chez ma mère ! Epuisée, je me laisse mettre au lit, border, cajoler. Le docteur va venir… Le docteur est là : « Rechute broncho-pneumonie ».
Marguerite raconte encore pourquoi elle refusera de retourner à Albertville et comment Jean MOULIN en viendra à la solution du divorce :
« Dans les deux camps rivaux que constituent nos familles, il se trouve des gens pour applaudir à ce dénouement. En plus de ma mère, la sœur de Jean est du nombre. Laure MOULIN qui trouve pour moi une ultime revanche : elle exige la restitution immédiate de son cadeau de mariage. Qu’était-ce au juste ? Une trousse de toilette ».

Laure MOULIN, justement, a aussi écrit un livre : « Jean MOULIN » publié en 1969 et réédité en 1982 aux Presses de la Cité. Elle y raconte le mariage de son frère :
« Jean et Marguerite livrèrent un dernier assaut à Mme CERRUTI et le mariage fut fixé au 27 septembre. Plusieurs personnes, qui auraient pu venir en août, n’étaient plus libres à cette date, dont M. MOUNIER, récemment nommé préfet à Nîmes. Le mariage eut lieu, en toute simplicité, dans le joli village de Betton-Bettonet, dans la maison de famille de Mme CERRUTI. Mon frère, par égard pour sa fiancée, avait accepté de contracter un mariage religieux. Rendu nerveux par tous les atermoiements de sa future belle-mère, Jean, qui se sentait en faute envers ses parents, et qui, de surcroît, s’était dépensé pour mettre en état le jardin et décorer la grange où devait avoir lieu le repas en cas de mauvais temps, fondit en larmes lorsqu’il se leva au dessert pour répondre au toast que lui avait porté son nouveau préfet, M. MOUCHET . J’ai rarement vu pleurer mon frère, autant dire jamais, depuis sa petite enfance. Cela jeta un froid parmi nous et fit mal augurer de cette union ».
Apparemment, Marguerite, dans son livre de 1976, n’a pas digéré ce qu’a pu écrire sa belle-sœur en 1969, des larmes de Jean MOULIN.

L’épouse, la sœur, et maintenant le secrétaire. Daniel CORDIER, qui vient de publier deux des six volumes qu’il veut consacrer à « Jean MOULIN, l’inconnu du Panthéon » ( éditions J.C. Lattes).
Sur le mariage de Jean MOULIN, il ne peut que se référer qu’aux témoignages de Marguerite et de Laure. La seule précision qu’il apporte, mais peut-être est-elle essentielle, c’est que la mère de Marguerite CERRUTI était apparentée lointainement à la famille de Pierre COT.
CORDIER précise que Jean MOULIN a connu COT aux alentours de 1925. Elu député de Savoie en mars 1928, COT rentrera sous-secrétaire d’Etat des Affaires Etrangères dans le gouvernement HERRIOT de 1932 et prendra Jean MOULIN comme chef-adjoint de cabinet. En octobre 1933, Jean MOULIN devient chef de cabinet de COT, Ministre de l’Air dans le gouvernement DALADIER. Le ches-adjoint du cabinet est Louis JOXE, le père de Pierre JOXE. Le gouvernement DALADIER tombe le 24 octobre. Le nouveau Président du Conseil est le radical Albert SARRAUT, qui conserve COT à son poste. Le gouvernement SARRAUT tombe le 23 novembre. Camille CHAUTEMPS prend la suite et garde COT. Pendant les vacances de Noël, alors que COT et MOULIN font du ski en Autriche, l’affaire STAVISKY éclate. STAVISKY est retrouvé « suicidé » dans un chalet de montagne à Chamonix. Le journal Action Française met en cause Pierre COT dans cette affaire. Le 28 janvier, le gouvernement CHAUTEMPS tombe. C’est DALADIER qui revient. COT reste Ministre de l’Air, Jean MOULIN, chef du cabinet civil. Le 6 février 1934, manifestation à Paris à l’appel des Croix de Feu du colonel de la ROQUE contre « le Parlement pourri, les politiciens compromis, le pays livré à la boue des scandales ».

A vingt heures, la police tire. Dans une lettre du 12 février 1934 adressée à ses parents, Jean MOULIN, qui est resté de 18h à 20h sur le pont de la Concorde, raconte : « J’ai pu voir avec quelle sauvagerie les « Croix de Feu » et les Camelots du Roi chargeaient les gardiens de l’ordre désarmés. C’est par dizaine qu’on emportait les blessés dans les rangs des gardes mobiles et des gardiens de la paix. Les gardes républicains à cheval étaient désarçonnés par les émeutiers qui tranchaient les jarrets des chevaux avec des lames de rasoir. J’ai vu aussi que les premiers coups de feu sont partis des émeutiers ».
Louis JOXE, dans son livre publié en 1981 chez Flammarion, « Victoires sur la nuit », écrira :
« MOULIN se révéla avec les évènements du 6 février 1934. Dans les couloirs de la Chambre des Députés, il regarda passer, comme moi, Edouard HERRIOT sachant tout à la fois s’offrir et se réserver, et DALADIER faisant naufrage. Je vis MOULIN sangloter de désespoir, je sentis vibrer des cordes que j’avais, jusque là, méconnues. Le cœur, chez lui, se mettait d’accord avec la conscience ».
Dans l’Action Française du 10 février, Léon DAUDET écrit sous le titre : « Du vol par bandes politiciennes à l’assassinat collectif » : « Il importerait au salut du pays que DALADIER, COT, FROT, BLUM, LUCIEN, BARTHE et tous les responsables de la tuerie de mardi dernier fussent passés, le plus tôt possible, par les armes ».

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Un commentaire pour LA VIE SEXUELLE DE JEAN MOULIN Premier épisode

  1. Dietrich13 dit :

    J’ai été mis à la retraite par anticipation par les services secrets de l’armée et manœuvré à travers quatre universités de droit contre la conjuration de la haute trahison de la France depuis des années 1918, dont du clan Giscard d’Estaing, de De Gaule et ses gangsters du Service d’Action Civiques (SAC) pour envoyer groupé les comploteur contre la sûreté de l’État devant la Haute Cour de Justice. Par la ratification du Pacte international des droits privés et politiques de ONU, en 1981 le président de la République François Mitterrand m’a ouvert l’accès en « toute égalité » même avec le ministère public dans le but de faire rétablir la légalité du droit fondamental, abolir l’organisation napoléonienne de la justice violant ostensiblement la Déclaration des Droits de l’homme de du Citoyen de 1789, devenu le Préambule des constitutions depuis 1945.
    « Parasite, c’est une vermine, rampante, insinuante, qui se veut engraisser en vos recoins malades, meurtris », (Nietzsche.)
    Le « juge rouge » Jacques Bidalou, insignifiant juge d’instance des plus médiocres, par un simulacre s’est fait suspendre de la magistrature pour me jouer le numéro de l’ami indéfectible dans ma lutte contre le complot contre la sûreté de l’État. Le « frère insinuant » m’a fait capter par l’expert-comptable Jacques Belhomme manipulé au suicide judiciaire, avec son Association de Défense des Victimes de la Justice. Avec le plus redoutable avocat félon Me Jacques Verges, largement financé pour la subversion par des bandits de l’étranger , le « juge rouge » Bidalou et son cercle des illuminés pervers, sous le « commandement du capitaine Jean-Édern Hallier avec son Idiot International, m’ont dévié de ma route : de l’intervention auprès du juge d’instruction Pierre Michel en détresse judiciaire, puis préventivement assassiné.
    Plus tard a été déjoué mon intervention dans la Commission d’enquête parlementaire sur les activités notoirement criminelles du Service d’Action Civique. La constitution de cette Commission d’enquête parlementaire, démunie des dossiers judiciaires gardés sous les coudes des juges, violait les droits fondamentaux de la Constitution. Le parlement aurait dû être saisie depuis longtemps en Commission de renvoi de ces affaires juridiquement indivisibles devant la Haute Cour de justice en dessaisissant « sans délais » la totalité des juridictions en France de leurs dossiers juridiquement indivisibles dans le complot contre la sûreté de l’État.
    Dans l’association Belhomme, en rabatteur, le « juge rouge » Bidalou récupérait avec ma science ma création de la « Confédération nationale des Associations de défense des justiciables », présidée par Belhomme. Par la substitution de son « Syndicat des justiciables » et autres associations des rabatteurs, le « juge rouge » Jacques Bidalou, conseiller juridique de Jean-Édern Hallier qui le finançait, a réussi de prendre la direction de toutes les associations de défense en France pour servir les ministres ; des premiers ministres dont celui de l’Intérieur comme Charles Pasqua, et des pires escrocs de haute volée placés en ministres de la Justice de la « cohabitation et puis du chef d’État Jacques Chirac.
    En dirigeant les victimes dindonnées par la médiatisation vers des avocats saboteurs, comme Jacques Verges, Gilbert Collard, William Bourdon et autres tristes célébrités, avec leur turpitude des galvaudeurs, la conjuration des pervers fabriquait des victimes des tromperies d’abord des fervents acheteurs et publicitaires gratuites de cette littérature ordurière cherchant à salir des personnages respectables tout en fabriquant des « fausses grandeurs » (Nietzsche), du pire des déchets politiques qu’ils servent en secret, moyennant subventions.
    Ces dindons enragés des cartes pipées de leurs avocats du double-jeu, envoyées malicieusement au suicide judiciaire jusqu’à ce qu’ils crèvent des fausses applications du droit, devenaient des militants gobe-tout, des financiers, supporters fanatiques et propagandistes de la supervisions politique des comploteurs contre la sûreté de l’État, des colporteurs de la falsification tendancieuse de l’histoire, des dénigrements et calomnies des respectables personnalités, pour faciliter la dissimulation des crimes contre l’humanité du passé, du présent et en préparation par la Troisième Guerre mondiale. Mais nous nous acheminons vers un big-bang judiciaire internationale par ma ressuscitation de l’ensevelissement par cette conjuration du cercle des « illuminés pervers », associés à tous les mafias, l’Église scientologique, l’Opus Dei et d’autre sectes du même fumier….
    Si l’ONU et la Cour de Justice de l’Union européenne démolissent les tabous : François Holland déstabilisé de la présidence de la République par des calomnies subversives reste le seul candidat encore crédible. « Nous devons nous débarrasser du monde des innombrables fausses grandeurs parce que qu’elles vont contre la justice que toutes choses peuvent réclamer de nous ». Nietzsche.
    Gloire aux ridiculisés à jamais par un sous-off de la Légion étrangère, manœuvré en commando d’actions spéciales : Universitaires, juges, procureurs, avocats, littéraires, politiques, gourous. Comploteurs de la Haute trahison de l’armée franco-britannique avant 1940, collaborateurs du double-jeu, nostalgiques compagnons de libération pour nous remettre ça en plus grand après 1944 <NU.
    L’occultation de la bataille qui se joue sur la scène mondiale devant l’NU fait tomber les électeurs dans une vision caricaturale des mythes, soulés par l’intox de la désinformation, on les fait voter comme des abrutis, raisonner comme des pantoufles.
    https://www.facebook.com/dietrich13peter

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