Eric WOERTH, affaire Guy GRALL

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Paris le 21  mars 2010

Jacques BIDALOU

Magistrat honoraire

                   à

  1. Eric WOERTH, Ministre du Budget, des Comptes, de la

   Fonction Publique, de la Réforme de l’Etat et de l’Impavidité bovine.

OBJET : Réhabilitation de l’agent du fisc Guy GRALL, priorité en ce jour d’élection comme en tout autre jour.

Je sais bien que l’exercice de fonctions ministérielles peut s’avérer dangereux, et l’émission de ce jour sur France 2 concernant l’assassinat de Robert BOULIN était édifiante.

Mais Guy GRALL est mort lui aussi dans des conditions qui relèvent de la criminalité et son assassinat professionnel de 1968 a suffisamment démontré que l’exercice des fonctions d’agent de la DGI était également dangereux.

La fille d’Antoine SANGUINETTI , amie de la famille BOULIN, a su prévenir les assassins , exécutants et commanditaires, la vérité surgira tôt ou tard.

Et croyez bien que la vérité sur le sort infligé à Guy GRALL par son employeur et les maîtres de ses employeurs ( qu’ils soient de la pègre ou du monde politique) finira par être connu… les ministres ne font que passer  et le cas échéant se discréditer, mais la vérité qu’ils ont cru pouvoir dérisoirement camoufler de toute leur insuffisance professionnelle  sera forcément un jour connue par tous.

Je crois cependant — dans l’espoir d’un  sursaut— devoir vous communiquer le mémoire en réponse que votre Ministère ( sous la signature de l’administrateur civil Jacqueline ESCARD) avait  produit dans le recours pour excès de pouvoir formé par Guy GRALL contre l’arrêté du 18 mars 1968 le radiant des cadres pour abandon de poste.

… Observations en défense du 20 décembre 1987 devant le tribunal administratif de Paris !

Je passe sur cette habituelle et misérable capacité de l’Employeur à discréditer l’agent public qu’il a programmé de casser, et qui lui permet alors de tenir pour rien les qualités de dévouement, d’intelligence et d’efficacité pour réduire Guy GRALL à un « défaut de modération et de réserve », à son « caractère impulsif ».

Ce sont certes des défauts que le Ministre WOERTH n’a pas, mais cela ne fait pas pour autant des qualités….les journalistes vous décrivent d’ailleurs comme mou et moulé dans la parole du Président… et cela ne fait vraiment pas un renfort appréciable pour un Président en difficultés… !

Mais ce mémoire produit par l’Administration va au-delà du discrédit, il traduit le dévoiement abject de cette Administration et de ses Chefs.

GRALL aurait donc, sans en référer à ses supérieurs, enquêté sur les agissements du plâtrier RIHOUEY… mais est-ce qu’en 2010 le ministre WOERTH conserve encore quelque autorité sur ses services et quelque considération pour la dignité de ses fonctions ministérielles pour se décider à faire enfin apparaître, d’une part, qu’en enquêtant sur les plâtriers, GRALL obéissait aux consignes de ses supérieurs hiérarchiques, et d’autre part, quelles ont été les suites concrètes de cette « affaire RIHOUEY » si longtemps niée dans son existence même  par le Ministère ?

Le mémoire du 20 décembre 2007 insiste sur la manipulation liée à l’entretien entre GRALL et le commissaire JOBARD— il y avait derrière le commissaire SOMVEILLE, PAPON’s BOY qui s’est bien gardé d’apparaître au procès de son ancien chef !— qui a permis une première sanction arbitraire du 31 juillet 2007 ( mutation d’office)

Mais ce qui était important, au-delà de la situation conflictuelle née d’une telle scandaleuse sanction, c’était de ne pas inventer une prétendue procédure d’abandon de poste, en escamotant pour cela les certificats médicaux et autres circonstances essentielles d’une telle procédure abrupte.

Or le mémoire du 20 décembre 2007 mentionne bien  une mise en demeure de rejoindre son poste accomplie par une LRAR du 23 janvier 1968,  non retirée par son destinataire.

Mais devant le Tribunal administratif, la seule preuve d’une telle démarche essentielle qu’a pu produire l’Employeur dévoyé de Guy GRALL, c’est une enveloppe vide… ce qui est affreux, c’est que le président du TA de Paris a constaté que cette enveloppe était vide mais n’en a tiré aucune conséquence juridique… ce qui lui a sans doute permis de recevoir promotion au Conseil d’Etat.

Il est fait état ensuite des interventions politiques ou syndicales, mais sans rapporter véritablement  que ces interventions s’inscrivaient dans le cadre de la loi d’amnistie du 4 août 1981 et aussi que c’est  l’intervention de la CADA sur saisine du SNADGI-CGT qui a permis à GRALL d’avoir enfin accès—en 1986 !—  à son dossier administratif… un dossier incomplet qui nécessitera une autre communication de pièces… mais elle aussi incomplète, puisqu’au moment de sa mort, Guy GRALL devait encore recevoir de son Ministère divers documents, dont une lettre de BEREGOVOY et une lettre d’ERMMANUELLI ( le mémoire du 20 décembre 1987 fait état de cette dernière lettre, mais GRALL ne l’aura jamais connue… bravo pour  le contradictoire !).

Je veux  reprendre exactement un passage éclairant de ce mémoire du 20 décembre 1987 :

« Toutefois, prenant en considération la situation matérielle très précaire dans laquelle paraissait se trouver l’ancien fonctionnaire et sans pour autant remettre en cause une situation…( ?)… pouvait être démontré , l’administration a informé l’intéressé que la révocation décidée à la suite de son abandon de poste—et amnistiée depuis lors—- ne l’avait pas privé de ses droits à pension, ouverts depuis le 2 mai 1982, date de son 55ème anniversaire.

  1. GRALL a enregistré cette information— donnée à titre gracieux, dès lors qu’il appartient aux agents eux-mêmes de solliciter le versement de cet avantage—comme une mise à la retraite d’office par voie disciplinaire sans respect des garanties de procédure, rappelant qu’il avait demandé se réhabilitation et non sans mise à la retraite ».

Chacun peut constater ici d’une part la force de caractère stupéfiante  de Guy GRALL— qui vit sans ressources depuis 1968— et la veulerie d’une Administration qui a escamoté le décret du 2 octobre 1980 (  qui en tout état de cause lui faisait obligation d’adresser en temps utile à son agent public les pièces nécessaires pour la liquidation de ses droits à pension)  et ose ainsi venir se faire lustrer le nombril en 1987 sur sa gracieuseté, alors qu’elle  continue de trafiquer les actes juridiques, assurée sans doute de la connivence du juge administratif !

Car la question cruciale à élucider pour répondre au recours de Guy GRALL, c’était d’apporter la preuve de l’existence légale de cet arrêté du 18 mars 1968 dont GRALL faisait valoir qu’il n’avait fait l’objet de surcroît ni d’une notification ni d’une publication ( au BO de la DGI).

( Sur ce dernier point, vous pouvez rechercher dans vos archives le courrier que j’avais adressé à M.  Francis MER…)

Or en 1987, comme d’ailleurs aujourd’hui encore, nul ministre se s’est hasardé à produire la preuve de l’existence légale de l’arrêté du 18 mars 1968…et cela pour une raison très simple, c’est que ces ministres, savent ou pressentent que cet arrêté n’a aucune existence légale, et que dans cette affaire GRALL les tricheurs ont cru pouvoir tricher librement mais ont été repérés à chaque instant de leurs manœuvres pourries…et si je ne suis pas la fille d’Antoine SANGUINETTI ( dont j’ai bien connu le frère amiral) , je vous le dis comme elle, les tricheurs, les magouilleurs, les déserteurs et traîtres devront tôt ou tard rendre des comptes sur l’assassinat professionnel de Guy GRALL suivi 25 ans plus tard de son assassinat physique.

Dois-je vous rappeler que la succession Guy GRALL reste en plan, 18 ans après sa mort, les héritiers doivent encore attendre que l’inventaire des actifs soient établis… mais ils auront pu vérifier que ce sont vos services, oui, les services sous vos ordres,  qui magouillent encore pour nuire à leurs droits, après avoir nui si férocement et  si criminellement, aux droits de Guy GRALL.

Je ne sais pas si ce soir vous allez perdre votre temps à discourir sur les plateaux de télévision pour des commentaires sur les résultats électoraux … des commentaires qui laisseront indifférents ceux qui n’ont pas été voter comme ceux qui ont voté… mais croyez-moi, vous feriez mieux de passer un peu plus de temps dans vos services pour rendre justice à Guy GRALL.

Cela dit, je ne saurais douter  que vous n’allez pas résister à me clouer le bec en me communiquant par retour de courrier la photocopie certifiée conforme de l’arrêté précité du 18 mars 1968… faisant notamment apparaître la signature manuscrite de celui qui a signé cet arrêté.

…si je ne reçois pas ce document, c’est qu’il n’existe pas… et que vous couvrez la forfaiture d’Etat.

Dès lors, honte à vous !

Copie de ce courrier est adressé pour information à :

-M. le Président de la République ( sous couvert du Secrétaire Général de l’Elysée)

-Mme le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice

-Mme la Ministre de l’Economie et des Finances.

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